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L'Ethiopie en deux mots

 

Le touriste visitant le pays aujourd’hui sera frappé par l’étendue des terres cultivées, par le dynamisme de sa population en même temps que pas la sobriété et la simplicité du mode de vie traditionnel en milieu rural.

L’Ethiopie offre avant tout au visiteur des richesses culturelles, historiques et naturelles tout à fait exceptionnelles. Quiconque aime explorer la diversité et les profondeurs de la personne humaine sera subjugué par le foisonnement des découvertes et des expériences que lui propose ce pays resté longtemps tout à fait isolé du monde : L’Est du pays, et Harrar en particulier, est pétrie de culture musulmane. La vieille ville enceinte de murailles pourrait être le décor des contes des Mille et une nuits. Dans le Sud-ouest, et en particulier la région de l’Omo, on peut entrevoir la préhistoire humaine et rencontrer les tribus dont le mode de vie n’a pas changé depuis des millénaires. Quant à l’Ethiopie orthodoxe, dont les racines historiques plongent dans les provinces au Nord du pays, elle a si fortement marqué la personnalité nationale de son empreinte unique que la nation entière, ses habitants, ses bâtiments, son mode de vie témoignent aujourd’hui encore d’une ancienne et puissante civilisation chrétienne.

En effet, malgré l’influence indubitable dans les grandes villes surtout d’une culture mondialiste moderne véhiculée principalement par Internet et par la télévision, on sent affleurer chez l’Ethiopien traditionnel la conviction que la nation éthiopienne est le véritable dépositaire de l’Election divine. Ce statut de peuple choisi par Dieu lui a été acquis dans un passé légendaire lorsque l’Arche de l’Alliance contenant les Dix commandements rédigé par Dieu et remis à Moïse sur le Mont Sinaï a été accaparée, au début du premier millénaire avant Jésus-Christ, par Ménélik 1er, le fondateur de la dynastie Salomonienne.

Ménélik, dans le nom duquel il faut entendre Ben Melek, fils de roi, était l’enfant de la célèbre Makeda, la Reine de Saba, et du souverain d’Israël, Salomon le Sage. Et quand ce fils prodigieux est revenu de Jérusalem où, comme jeune adulte, il avait rendu visite à son père, il a été accompagné sur l’ordre de Salomon par les fils premiers nés des notables du royaume d’Israël qui emportèrent avec eux l’Arche de l’Alliance. Ce coffret aux vertus magiques contient les deux Tables de la Loi (Ex. 31,18), et l’Eglise orthodoxe éthiopienne en serait maintenant dépositaire dans une annexe de la Cathédrale Sainte-Marie-de-Sion à Axum.

Ce lien particulier du peuple éthiopien avec le Dieu et avec la nation d’Israël est manifeste dans plusieurs domaines.

Quelques historiens sont convaincus, par exemple, qu’une partie du peuple des Habashas, mot dont dérive le terme Abyssinie, aurait pratiqué la religion juive jusqu’à la conversion au christianisme du Roi Ezana au début du 4e siècle. En outre, les Falashas, cette communauté énigmatique pratiquant une forme de judaïsme archaïque, et qui maintenant a été presque entièrement rapatriée, exilée peut-être, en Israël, aurait un lien avec ces juifs qui, au 10e siècle avant Jésus Christ, ont accompagné le Roi Ménélik quand il est rentré chez lui.

De plus, l’Ethiopie, et la ville de Shashamane en particulier, est aussi considérée par les Rastafaria comme un lieu de ralliement du peuple noir exilé par l’esclavage. Ce choix de l’Ethiopie est lié à la personne de l’Empereur Hailé Sélassié, Lion de Juda, 225e représentant de la dynastie des Solomonides en qui les Jamaïcains plus particulièrement voient le héros d’une Afrique restée indépendante et souveraine. A vrai dire, pour citer Leonard E Barret « Tout rastafari authentique croit que Hailé Sélassié est le véritable dieu vivant » (The Rastafarians, p. 104, trad. JG)

Plusieurs traditions particulières propres au christianisme orthodoxe éthiopien semblent confirmer un enracinement profond dans la religion de l’Ancien Testament :

• Le respect de la loi vétérotestamentaires, en particulier en ce qui concerne les interdits alimentaires et les exigences de la pureté rituelle.

• La pratique de la circoncision des garçons le huitième jour.

• Les danses religieuses des prêtres éthiopiens sont similaires à celles des Lévites devant l’Autel ou dans le Temple.

• L’importance accordée de la connaissance du nom, aussi dans le cadre des pratiques magiques

• La division tripartite des églises, avec un Saint des Saints accessible aux prêtres seulement, un intérieur réservé aux purs et où est célébré l’Eucharistie, et un déambulatoire où se tiennent les Debteras, les chanteurs et qui est aussi accessible à tout un chacun.

• La place centrale accordée aux tables de la Loi et à l’Arche de l’Alliance, de même qu’à leur figuration sous la forme du Tabot, la table de l’autel qui joue un rôle central dans toutes les églises orthodoxes éthiopiennes.

Si cette influence vétérotestamentaire a marqué avant les populations chrétiennes des hauts plateaux, au nord et au centre du pays, il n’est pas faux de dire que ces régions sémitisées sont les véritables porteurs des traditions historiques et culturelles de l’ancienne Abyssinie.

En présentant l’Ethiopie et ses populations, voici comment le professeur Edward Ullendorff décrit le caractère national éthiopien : « l’Ethiopien est beau, élégant, subtil et nerveux (…). Il est exceptionnellement intelligent, agile mentalement et très désireux d’apprendre (…). Les éthiopiens sont un peuple fier, mais ils font preuve également d’une courtoisie et d’une humilité les uns envers les autres de même qu’envers les étrangers qui sont parfois très émouvants. Leur façon de s’incliner ou d’embrasser n’a rien d’obséquieux : ce sont les signes d’une politesse et d’une attention à autrui qui ont presque entièrement disparus en Europe. Les éthiopiens sont volontiers chicaneurs, mais leur sens de l’honneur et de la justice est satisfait quand une cause est bien argumentée (…). On ne saurait faire trop l’éloge de l’hospitalité éthiopienne – généreuse et désintéressée. Elle a conservé quelque chose d’ancestral, voire de biblique. L’amitié est tenue en haute estime. Elle est accordée volontiers, teintée toutefois d’une nuance de réserve. Peu nombreux sont ceux qui ont été en contact avec les éthiopiens et qui ont pu résister à leur charme et leur séduction et à un attachement durable pour ce pays et son peuple. » (The Ethiopians, p. 44, trad. JG)