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Politesse et combativité

La différence la plus évidente entre la Suisse et l’Ethiopie, c’est le trafic. A Genève, on peut conduire en somnolent : giratoires, signalisations, feux synchronisés, présélections, autoroutes, tout est canalisé, aseptisé comme en pharmacie. Les piétons et les cyclistes sont seuls capables de sauvagerie, un tout petit peu.

Ici, c’est le championnat des demi-tour sur route à tous propos, des taxis bus arrêtés en troisième file, des bras de fer à chaque carrefour, carrosserie contre carrosserie à deux centimètres, les bourricots, les chèvres, les machines de chantiers, les routes défoncées, d’innombrables croisements et bouchons sauve qui peut chacun pour soi, de connards qui te dépassent par les trottoirs, de maladroits calés, de villageois avec de la terre aux pieds, d’ivrognes, de fous nus, de troupeaux de bœufs et de moutons plus quelques chauffeurs à fond comme des samouraï. Et tous les véhicules prennent obstinément la gauche aussitôt qu’il y a deux voies.

C’est une ville sans sécurité sociale, sans assurances à vrai dire même pour les autos et leur responsabilité civile. On redoute donc plus que tout l’accident et ses séquelles : l’affrontement, la foule, les disputes, la maréchaussée tatillonne et futile qui donnera raison à qui la paye le plus.

Mais en même temps, l’Ethiopien est étrangement débordant de courtoisie, d’une politesse millénaire et de respect d’autrui, de bonne éducation. Cadre indispensable pour discipliner un peuple de guerriers farouches.

« Quant à moi, je ne vois pas ce qui me presserait de rentrer… Cette vie de la brousse où l’on a le droit de défendre sa peau à coup de fusil me plaît fort et me donne l’horreur de cette vie de salons et des thés où des dames mal bâties, médisantes et laides disent des âneries en minaudant… » (H. de Monfreid, Aventures extraordinaires).