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La cérémonie du café

Écrit par John le . Publié dans Uncategorised

Le café est consommé de façon rituelle depuis des siècles en Ethiopie. Certains voudraient que le nom du café soit associé à la province du Kaffa, une province fertile du sud-ouest de l'Éthiopie dont la capitale est Jimma. Au domicile ou au restaurant, la préparation coutumière du café comporte différentes étapes dans le cadre d’une cérémonie plus ou moins formelle à laquelle les femmes surtout peuvent consacrer un temps important.

Traditionnellement, de l’herbe coupée est tout d’abord disposée sur le sol afin que les esprits de la nature présents lors de la cérémonie puissent se sentir chez eux. C’est en effet essentiellement pour eux que la cérémonie est organisée.

Celle qui prépare le café, généralement une femme plus jeune ou une servante assise sur un petit tabouret, porte en principe l’habit typique, une robe en coton blanc ornée de motifs brodés souvent en forme de croix. Les personnes présentes forment un demi-cercle autour d’elle, du brasero et du plateau où sont posé les tasses dépourvues d’anses et toujours plus nombreuses que les invités, ainsi que de l’encensoir.

Les étapes de la cérémonie comportent le rôtissage des graines crues sur le feu d’un brasero dans une petite poêle à long manche. Lorsque les graines sont rôties, l’officiante présente à chacun la rôtissoire afin qu’il puisse en apprécier l’arôme, ce que l’on fait en chassant de la main la fumée vers son nez. Puis les grains sont réduits en poudre dans un mortier pendant que l’eau est mise à bouillir sur les charbons brûlants dans une petite cafetière de terre cuite, la « jabana » dont la forme varie selon les régions : en pays Amhara, elle est pourvue d’une anse et d’un bec. Au Tigray, non.

L’adjonction de la poudre de café dans l’eau bouillante de la cafetière est suivie par un temps bien mesuré de cuisson et de repos.

Le café est servi dans de petites tasses selon l’ordre hiérarchique supposé, c’est-à-dire d’abord les personnes plus âgées et les hommes en premier. Des grains de maïs éclatés, que nous appelons pop-corn, sont aussi traditionnellement proposés aux invités.

La dégustation du café se fait traditionnellement en trois services successifs, portant chacun un nom, au cours desquels seule de l’eau est ajoutée à la cafetière pour être à nouveau porté à ébullition. On commence par l’awal, le "premier" service. Puis vient le tani, le "second" appelé aussi tola, la "perfection". La troisième tasse de café s’appelle la baraka ou "bénédiction", plus faible en goût et qui peut aussi être proposée aux enfants tenus en principe de s’éloigner ou à se tenir calmes tout au long de la cérémonie.

La fumée de l’encens, l’herbe odorante sur le sol, l’usage d’humer l’arôme du café sont toutes des activités destinées à plaire aussi aux esprits et gagner leur bienveillance, de même que la présence de la tasse additionnelle dans laquelle un peu de café est versé à leur intention. C’est pourquoi certaines maitresses de maison organisent la cérémonie quand elle a l’impression que beaucoup de contrariétés imprévues perturbent l’harmonie de la maison.

Lorsque la cérémonie est explicitement organisée pour convoquer les zars, ce qui est plus rare et généralement inaccessible aux étrangers, chaque zar a une tasse d’une couleur distinctive. Le café est le sang qui leur est offert. Il est versé de haut, car ils aiment l’écume. Les éclaboussures sont les bienvenues, elles sont destinées aux génies les plus humbles… Il arrive alors que les zars prennent possession de l'un ou de l'autre participants.

La consommation de café, accompagnée même de la mastication de khât, est aussi pratiquée par certains milieux musulmans pour aider et renforcer la prière. Inversement, le clergé orthodoxe est opposé à la cérémonie du café à la fois en raison de son substrat païens, mais aussi en raison de ses connotations arabes.

Il est intéressant de noter que pour des raisons similaires, l’usage de la pipe à eau, la shisha, est en principe interdit en Ethiopie.