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Eclipse et repli

Écrit par John le . Publié dans Uncategorised

L’expansion de l’Islam en Arabie et sur les côtes de la mer Rouge au 7e siècle représenta, avec la perte des voies commerciales établies, le début du déclin du royaume d’Axoum et le début d’une période d’affrontements internes et de guerres féodales qui a fait dire à l’historien Gibbon : « Encerclés de tout côté par les ennemis de leur religion, les Éthiopiens ont dormi pendant près de mille ans, oublieux du monde qui les avait oubliés. »

Cet isolement, qui sera prolongé quasiment jusqu’à l’époque moderne, a contribué d’une part à l’affaiblissement du pouvoir politique de l’Éthiopie, mais aussi au renforcement de la spécificité nationale, tout particulièrement dans le domaine religieux. Edward Ullendorff dit à ce sujet : « Le christianisme monophysite n’est pas seulement la religion officielle de l’Empire Éthiopien : il est l’expression la plus profonde de l’âme éthiopienne. Par sa tournure unique, fortement imprégnée de contenus hébraïques et sémitiques archaïques de même que de résidus païens, le Christianisme abyssin est devenu très tôt la source de la vie culturelle, politique et sociale du peuple. »

Témoins à la fois de ce repli et de la vitalité de la foi religieuse, les prodigieuses églises monolithiques de Lalibela ont été creusées et ornementées au 12e et 13e siècle dans la masse de la roche volcanique par les rois-prêtres de la dynastie des Zagwe, sans doute d’origine couchitique, mais profondément attaché à la foi de l’Église monophysite Éthiopienne. Et dans le contexte de l’isolement de l’Éthiopie de l’époque, le pèlerinage à Lalibela a représenté un substitut légitime à celui de Jérusalem devenu dorénavant impossible.

L’isolement du pays et les luttes internes ont contribué à leur façon, au 17e et 18e siècle, à l’édification d’un spectaculaire ensemble de châteaux à Gondar. Jusqu’en 1636, les Rois, qui étaient surtout des chefs de guerre, déplaçaient leur lieu de commandement de camps en camps, sans établir de capitale. Mais le roi Fasiladas, dans le contexte de relations complexes avec le Portugal et surtout avec les Jésuites désireux d’imposer à l’Éthiopie la foi catholique, fit construire à Gondar un château impressionnant tout en ordonnant l’expulsion et l’exclusion du pays de tous les catholiques. D’autres châteaux et bâtiments remarquables furent édifiés par ses successeurs dans le même périmètre et alentours jusqu’en 1755 qui confèrent à la ville de Gondar un cachet tout à fait particulier.