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Le rétablissement de l’Empire et l’entrée dans le 21e siècle

Écrit par John le . Publié dans Uncategorised

C’est à l’Empereur Théodoros, né en 1818, que l’on doit d’avoir rendu à l’Etat éthiopien un réel pouvoir central et d’avoir par conséquent mit fin non seulement aux divisions, dissensions et affrontements internes qui ont caractérisés le millénaire précédent, mais aussi aux agressions violentes venues, au 16e siècle, des régions islamisées à l’Est du pays, ou même, au 10e siècle, du cœur même de l’Ethiopie et de sa population d’origine couchitique qui aurait été conduit à la révolte par une reine quasi légendaire du nom de Judith.

Ayant bénéficié d’une formation de diacre dans un monastère de l’ouest du pays, dans le Gojjam, puis étant devenu le chef valeureux et respecté d’un groupe de bandits, Théodoros a su, pas son habileté stratégique, prendre le contrôle de toute la région Nord-Ouest, y inclus la ville de Gondar. Il triompha ensuite à la fois sur les princes régnant plus au nord dans le Tigrai, ainsi que dans le Shoa au Sud. Il n’eut alors plus qu’à convaincre, en 1855, l’Eglise de le couronner Empereur sous le nom de Théodoros, afin d’apparaitre comme celui qui accomplissait la prophétie annonçant la venue d’un héros qui unifierait à nouveau l’Empire et soumettrait les incroyants. Les européens qui l’ont rencontré alors, dont un Consul britannique qui devint son conseiller, ont tous été impressionnés par son charisme, en même temps que terrifiés par ses violentes colères.

En 1862, l’Empereur Théodore adressa une lettre à la Reine Victoria d’Angleterre déplorant l’extension de l’Empire ottoman et demandant une réponse par le biais de son Consul. Ne recevant aucune réponse, il en conclu que les britanniques étaient les alliés des turcs et fit emprisonner dans la forteresse de Magdala, située au nord du pays sur un escarpement très difficile d’accès, non seulement le Consul et son secrétaire mais de nombreux autres européens établis dans le pays. La Grande-Bretagne réagit en dépêchant en 1867 une armée de 32'000 hommes commandés par le Général Napier de l’armée des Indes, qui conquit Magdala en 1868, le lundi de Pâques alors que Theodoros se suicidait d’une balle dans la bouche.

Deux successeurs de Théodoros, Yohannis et Menelik II surent à la fois protéger le pays unifié des invasions étrangères, des Egyptiens (1875) les premiers, puis des Italiens (1896) et des Britanniques (1902) ensuite, et en étendre et assurer les frontières en conquérant les provinces du Sud et de l’Est du pays, y compris les régions longtemps indépendantes et musulmanes des Afars et du Harrargue.

L’Empereur Ménélik, qui fut véritablement l’initiateur de l’Ethiopie moderne, réussit à mettre en place une administration nationale avec à la tête des régions des gouverneurs qualifiés. C’est lui aussi qui initia la construction de la ligne de chemin de fer de Addis-Abeba à Djibouti.

La succession de l’Empereur, mort en 1913, se révéla d’abord compliquée avant que le Ras Tafari, le régent effectif et cousin de Ménélik, n’impose son intelligence, sa détermination et son habileté politique en se faisant couronner Empereur en 1930 sous le nom de Hailé Sélassié. C’est lui qui déjà avait obtenu, en 1923, l’admission de l’Ethiopie au sein de la Ligue des Nations. Il fut le promoteur d’une élite intellectuelle progressive formée en partie à l’étranger, tout en conservant la stabilité sociale des régions rurales fondée sur un modèle féodal privilégiant les grands propriétaires terriens. Ce sont ces options qui provoquèrent bien involontairement sa chute : l’élite émancipée, militaires en tête, demandèrent l’abolition de la servitude en revendiquant la terre pour les paysans.

A la tête du « Conseil administratif militaire provisoire marxiste », le Derg, Mengistu Hailé Mariam gouverna le pays pendant 14 ans avant d’être lui-même déposé en 1991. Les premières années du Derg furent placées sous le signe de la terreur. On estime que plus de 100'000 personnes furent assassinées, des jeunes et des intellectuels surtout, parmi les opposants et en raison des luttes internes pour le pouvoir. Les effets de la politique agricole centralisée ainsi que les déplacements massifs de la population non seulement attisèrent l’opposition des provinces mais contribuèrent certainement à aggraver la terrible famine dans les provinces du Wollo et du Tigré en 1984 et 1985.

En mai 1991, les tanks de Meles Zenawi, soutenu par les mouvements de libération de l’Erythrée et par les Etats Unis, entrèrent sous les applaudissements de la foule à Addis Abeba tandis que Mengistu prenait la fuite pour le Zimbabwe. Une nouvelle constitution fut aussitôt élaborée et adoptée, qui accorde une autonomie considérable aux régions redécoupées largement selon les langues et les ethnies. L’économie a été largement libéralisée, ce qui entraine en particulier dans la cité d’Addis un développement spectaculaire de la construction immobilière dont on n’est pas sûr que toutes les conséquences soient maitrisées.